Les forces vives du S2A (Strasbourg Agglomération Athlétisme) étaient réunies vendredi soir pour saluer la couronne européenne de Benjamin Compaoré au triple saut.
Outre les dirigeants – la présidente Doris Spira, le président omnisports de l’ASPTT Strasbourg, José Castaldi en tête – et les entraîneurs, les autres têtes d’affiche du club, Mélanie Skotnik, Driss El Himer ou l’inamovible Blandine Bitzner-Ducret ont pris part à la fête. «Nous avons la chance qu’il soit resté fidèle au club»
«Ce titre, il est avant tout pour lui, mais aussi pour le S2A, pour l’ASPTT Strasbourg, s’est félicité Doris Spira. Nous avons la chance qu’il soit resté fidèle au club. Il constitue la vitrine dont nous avons besoin.»
Et de revenir sur ce soir béni du 14 août. «Nous avons tous vibré devant notre petit écran. Un immense bonheur.»
Un bonheur qui ne vient jamais seul. Car des moments de joie, le S2A en aura connu d’autres en cette année 2014. Les jeunes y ont largement contribué. Et comme pour transmettre le flambeau dès à présent, le club les a mis à l’honneur, avec la complicité du GIFA, le groupement des internationaux français d’athlétisme.
«Nous n’avons que peu de moyens, mais nous efforçons de soutenir les jeunes athlètes méritants en leur offrant des lots d’équipements», a détaillé son président Michel Samper, accompagné de Jean-Paul Friant et Christiane Nuss, qui officie toujours auprès des petits du RC Strasbourg, une des composantes du S2A.
Graines de champion
Mohamed-Amine El Bouajaji, 2e des sélections européennes puis finaliste des Jeux olympiques de la jeunesse en Chine sur 3 000m, emmène la génération montante du club.
Ont également été récompensés: les perchistes Alice Hansmann et Maeva Alves, 2e et 4e des championnats de France espoirs, Lucas Mathieu, 3e des championnats de France cadets, Yanis Alves; le demi-fondeur fegersheimois Virgile Neunlist; le coureur de 400m Djoulian Farot; les lanceurs de marteau Valentin Yomba, 3e des championnats de France hivernaux cadets, Joséphine Koffler et Elisabeth Muller; les sauteuses en hauteur Meryem Demir et Laure Petit, cette dernière tout aussi performante au triple saut.
D’autres auraient pu l’être comme les perchistes Séverine Metzger et Louise Lallement ou le demi-fondeur Florian Filippi.
Pour obtenir sa dotation, chacun avait dû se fendre d’une lettre de motivation. En voici de significatifs morceaux choisis: «Mon objectif est de devenir champion olympique du 400m le plus tôt possible. Je cours pour le plaisir et pour battre un jour le record du monde» (Djoulian Farot). «Je suis passionnée par le sport de haut niveau. Je rêve d’entrer un jour en équipe de France» (Laure Petit). «Je mène de front études et athlétisme. Nos résultats sont le fruit d’un travail d’équipe avec des entraîneurs dévoués» (Joséphine Koffler). «J’ai la chance de faire partie d’un club dynamique qui dispose d’entraîneurs compétents (MeryemDemir).
Ils rêvent tous de marcher sur les traces de Benjamin Compaoré avec qui ils ont longuement échangé. Ils constituent tous et quelques autres l’avenir du S2A, lequel compte dix éléments au sein du pole athlétisme du CREPS. «Nous sommes un des rares clubs sinon le seul à prendre en charge leur inscription au pole», précise au passage Doris Spira.
L’esprit club
Le titre de Benjamin Compaoré excepté, la présidente garde principalement en tête une image de la saison écoulée: «Cette explosion de joie en apprenant notre première place au 2e tour des interclubs en mai. J’en ai encore des frissons et depuis, les témoignages des athlètes qui l’ont vécu sont édifiants».
Avec un tel état d’esprit, le S2A peut croire en son étoile… et ses étoiles. Celles qui brillent sur la piste et sur le maillot bleu du club.
Rémy SAUER
* * * * Quelques photos de cette rencontre en CLIQUANT ICI
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Soirée des Etoiles du S2A Source DNA du 1/10/2014 Tel qu’en lui-même
De ses galères à la consécration, Benjamin Compaoré
est resté fidèle au Strasbourg Agglomération Athlétisme. Ce week-end,
son club l’a fêté comme il se doit. Et là encore, le champion d’Europe
de triple-saut le lui a bien rendu.
Benjamin Compaoré a
tellement couru après sa première couronne internationale qu’il aurait
pu manifester le désir d’en garder tous les souvenirs comme des
reliques. Et bien non. Son maillot bleu de ce jeudi 14 août à Zurich,
dossard à son nom épinglé dessus, il l’a offert au S2A, qui l’a honoré
comme il se doit vendredi soir.
De même, il a remis à Nicolas
Delpech la tunique de la coupe continentale, qu’il a remporté le 14
septembre à Rabat, pour le compte de l’Europe. Le champion reste très
proche de celui qui l’a entraîné jusqu’à son départ en 2005, à l’INSEP.
«J’ai vécu ça comme une suite logique»
Pour faire court, le sens des valeurs, l’attachement aux racines, sont essentiels aux yeux de Benjamin Compaoré.
Il
sait aussi ce qu’il doit à son club. De son titre mondial junior en
2006 à cet été, il en a traversé, des galères. «La persévérance et la
confiance en moi m’ont permis de traverser ces huit ans sans médaille.
Ce fut long et j’ai parfois été très juste financièrement. J’ai même
contracté des crédits. Sans le soutien de la région, de la ville, mais
surtout du S2A, je n’aurais pas réussi à joindre les deux bouts.»
Ces
huit ans, José Castaldi, le président de l’ASPTT Strasbourg omnisports y
a aussi fait référence. «En 2006, nous étions là pour fêter le titre
européen de Mehdi Baala et ton titre mondial en junior. La prochaine
fois, c’est au retour de Rio qu’on t’attend ici.»
Comme un clin
d’œil, vendredi soir, Mohamed-Amine El Bouajaji, entre autres, côtoyait
Compaoré au tableau d’honneur. Finaliste sur 3000m des Jeux olympiques
de la jeunesse, le demi-fondeur a effacé cette année le record d’Alsace
cadet du 1500m… de Mehdi Baala. À suivre…
Dans l’échange qui a
suivi avec la belle brochette des jeunes du club médaillés cette saison,
le – allez, osons – potentiel successeur a demandé comment le champion
d’Europe a vécu son titre.
«Ce fut une énorme satisfaction
personnelle, a répondu le Wolfisheimois en présence de sa maman,
laquelle dégage la même humilité. En même temps, ma joie était contenue.
J’ai vécu ça comme une suite logique.»
«Le mental, l’investissement, la persévérance»
Et
son nouveau statut de père de famille? «Forcément, ce n’est plus
pareil. Cela donne des responsabilités, y compris financièrement. Je
devais réussir. Non seulement pour moi, mais aussi pour ma famille. Plus
tard, Cassandre ( 16 mois aujourd’hui, NDLR ) comprendra ce à quoi elle
a participé ce 14 août à Zurich. Et savoir que je me suis battu pour y
arriver fera partie de son éducation.»
Benjamin Compaoré en a
surtout profité pour encourager tous les jeunes. «Ça doit faire 20/21
ans que je suis licencié ici. Je n’étais pas forcément très talentueux.
En minimes, je sautai 12,20m au triple. Je suis sûr qu’ici, certains
font mieux. Ce qu’il faut, c’est surtout la mentalité d’un sportif de
haut niveau, de l’investissement, de la persévérance. Ce ne sont pas
forcément les meilleurs jeunes qui sont les plus forts à la fin.»
Doris
Spira, présidente du S2A depuis sa création voici cinq ans, a apprécié.
«Nous continuons à construire, à nous structurer, en veillant à garder
un bon équilibre entre élite et formation, à maintenir cette passerelle
entre école d’athlé et élite.»
Avec une locomotive, un exemple
comme Benjamin Compaoré, la transmission du savoir-faire et des valeurs
est garantie. Témoin, sa séance de dédicaces, samedi matin auprès des
plus petits de l’IBAL à Lingolsheim, suivie de sa sortie auprès des
poussins et benjamins en lice à Bischwiller. Et qui ne sont pas près de
l’oublier.
Rémy SAUER
* * * * Quelques photos de cette soirée des étoiles en CLIQUANT ICI
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